Le vieillissement en Belgique : défis et perspectives jusqu’en 2070
La population belge vieillit à un rythme rapide. Qu’est-ce que cela signifie pour notre sécurité sociale, nos pensions et le secteur de l’assurance ? Le rapport annuel 2025 du Comité d'étude sur le vieillissement (CEV) dresse un tableau actuel et nuancé des conséquences budgétaires et sociales de cette évolution démographique.
1. Vieillissement : un défi structurel
Le CEV a été créé pour suivre l’impact du vieillissement sur les finances publiques et la politique sociale. Dans son dernier rapport, le Comité d'étude présente de nouvelles projections jusqu’en 2070. La population belge passera de 11,8 millions (2024) à près de 13 millions (2070), mais c’est surtout le groupe des 67 ans et plus qui augmentera de plus de 50 %. Le coefficient de dépendance (qui rapporte le nombre de personnes de 67 ans et plus au nombre de personnes de 18 à 66 ans) grimpera, passant de 28,5% en 2024 à 42,8% en 2070.
2. Impact budgétaire : hausse des dépenses sociales, mais moins que ce qui avait été présenté dans de précédentes publications
Les dépenses sociales augmenteront de 25,8 % du PIB en 2024 à 27,5 % en 2070. La hausse la plus importante se situe avant 2050, puis la croissance ralentit. Le coût du vieillissement représentera 1,7 point de pourcentage du PIB sur toute la période, soit quelque 10,5 milliards d’euros en valeur monétaire actuelle. A noter : les dépenses en soins de santé augmenteront le plus (+2,1 points de pourcentage), tandis que le coût des pensions évoluera de manière plus modérée (+0,9 point de pourcentage).
Ce dernier est inférieur de 1,9 point de pourcentage du PIB par rapport à celui présenté dans le précédent rapport, grâce surtout à des réformes récentes comme la limitation dans le temps des allocations de chômage et la réforme des pensions. Cela souligne l’importance des mesures politiques pour contenir la facture du vieillissement.
3. Réforme des pensions : moins de coûts, mais aussi des conséquences sociales
La réforme fédérale des pensions du gouvernement De Wever a un impact considérable. Elle réduit le coût budgétaire des pensions de 1,8 point de pourcentage du PIB d’ici à 2070. Cette baisse résulte principalement de réformes telles que l’introduction d’un système bonus-malus, le relèvement de l’âge de la retraite pour certaines catégories professionnelles, ainsi que la suppression des tantièmes préférentiels et la suspension temporaire de l’enveloppe bien-être pour des pensions.
Sur le plan social, les conséquences ne sont pas neutres : le taux de remplacement moyen (rapport entre la pension de retraite moyenne des pensionnés et le revenu professionnel moyen) est en baisse, surtout chez les fonctionnaires (-11,9 %) d’ici à 2070), les salariés (-9,2 %) et, dans une moindre mesure, les indépendants (-3,1 %). Les femmes sont relativement plus affectées dans les régimes des salariés et des indépendants, ce qui tend à accroître l’écart de pension entre les sexes.
Dans le régime de la fonction publique, l’effet de la réforme est plus prononcé pour les hommes, contribuant ainsi à réduire cet écart.
4. Risque de pauvreté des personnes âgées : net recul grâce à des pensions minimums relevées
Une note positive : le risque de pauvreté chez les personnes âgées de 65 ans et plus a reculé à 12,2 % en 2023, et même à 10,7 % chez les pensionnés. C’est moins que la moyenne pour l’ensemble de la population (11,5 %). Ce recul est dû notamment aux augmentations
réelles des pensions minimums sur la période 2021-2023.
5. Pertinence pour le secteur de l’assurance
Le vieillissement reste un défi structurel, même si le rapport montre que les mesures gouvernementales permettent malgré tout d’en atténuer le coût. Les assureurs sont prêts à aider les citoyens sur les plans de la pension et de la santé :
la baisse des taux de remplacement accroît le besoin en pensions complémentaires individuelles et collectives.
La forte hausse des dépenses en soins de santé souligne l’importance des assurances hospitalisation et des assurances soins ambulatoires qui contribuent pour le citoyen au maintien de l’accessibilité financière à ces soins.
6. Conclusion
Le vieillissement n’est pas un problème insurmontable, mais il requiert une vigilance constante. Le rapport 2025 du CEV montre que des mesures politiques permettent d’atténuer le coût des dépenses sociales pour l'État. Le rôle des pensions complémentaires, qui permettent d’assurer un niveau de vie plus élevé sans déséquilibrer le budget de l'État, et celui des assurances maladie complémentaires, qui aident le citoyen à supporter les coûts croissants des soins de santé, seront donc primordiaux à l’avenir.