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Tendances Non vie

Des nouvelles positives, moins positives et porteuses d’espoir en non-vie

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Des nouvelles positives, moins positives et porteuses d’espoir en non-vie

2025 a été pour la branche non-vie à nouveau une année passionnante, avec quelques belles réalisations de la part d’Assuralia, mais aussi quelques déceptions pour le secteur. Bruno Didier, directeur non-vie chez Assuralia, donne un mot d’explication sur un certain nombre de dossiers.

Où Assuralia a-t-elle fait la différence en 2025 ?

Bruno Didier (BD) : Notre fédération est intervenue à plusieurs reprises avec succès en non-vie au cours de l’année écoulée. Deux dossiers sortent du lot. Dans le dossier relatif à la violence intrafamiliale, nous avons répondu à la demande du ministre de la Protection des consommateurs. Nos assureurs protection juridique ont ainsi étendu leur code de conduite afin de prévoir une solution pour les victimes de ce type de violence. Elles peuvent à présent compter sur une couverture dans le cadre de leur contrat d’assurance protection juridique même si l’auteur est un coassuré. La couverture prend cours à partir du moment où le parquet décide de poursuivre l’auteur des violences. Nous sommes heureux en tant qu’assureurs d’avoir trouvé une solution en faveur des familles touchées par ce type de violence et tout particulièrement du groupe le plus vulnérable des mineurs. 

Une deuxième belle réalisation est le code de conduite pour les experts. Après les inondations dramatiques qui ont touché la Wallonie il y a près de cinq ans, l’Ombudsman des assurances avait constaté dans son rapport annuel que les expertises et surtout ce que l’on appelle les expertises privées ou contre-expertises n'étaient pas toujours réalisées de manière qualitative ou sérieuse. Afin de remédier à cette situation, le secteur a élaboré en collaboration avec GEBCAI, l’Association d’experts en règlement de sinistres incendies, accidents et risques divers (IARD), un code de conduite afin de mieux encadrer la profession et d’améliorer la situation pour le consommateur. Dans le même temps (1er juillet 2025), des obligations légales pour les experts sont également entrées en vigueur. 

Le dossier le plus discuté de ces dernières années est celui de l’assurance contre les catastrophes naturelles. Y a-t-il une solution en vue ?

BD : Depuis la catastrophe de 2021, nous attendons une solution pour adapter en profondeur le partenariat entre les assureurs et les autorités, tel que défini dans la législation de 2005, afin que le secteur puisse intervenir correctement lors d’une prochaine catastrophe, sans préoccupations financières et sans limites ou incertitudes pour les victimes. Grâce notamment à l’insistance répétée d’Assuralia sur la nécessité d’adapter la réglementation, le dossier a enfin quelque peu bougé en 2025. Le ministre de l’Économie a rassemblé la Banque nationale, le secteur et les autorités régionales autour de la table. Nous espérons que ces signes de bonne volonté déboucheront en 2026 sur une solution durable. 

Les nouvelles ont été moins bonnes l’an dernier en ce qui concerne l’assurance protection juridique.

BD : Nous déplorons assurément la suppression de l’incitant fiscal lors de la souscription d’une assurance protection juridique étendue, conformément à la loi Geens, qui visait à stimuler l’accès au droit auprès d’un large public. Il s’agit en effet d’une assurance très utile qui assiste le citoyen dans toutes sortes de litiges possibles, grâce à des conseils juridiques appropriés, en privilégiant le recours à une solution amiable et, si nécessaire, aux services d’un avocat librement choisi par l’assuré. La décision du gouvernement a suscité l’incompréhension de plus de 220.000 ménages qui avaient opté pour cette formule. 

Le fait que les charges administratives continuent d’augmenter pour les assureurs n’est pas non plus une nouvelle réconfortante.

BD : Chaque modification imposée dans la législation engendre des charges supplémentaires. Prenez par exemple le droit à l’oubli qui est à présent également introduit dans le cadre des assurances voyage, alors que la situation est très différente entre l’assurance annulation et l’assurance revenu garanti. Un autre exemple est le modèle uniforme d’attestation de sinistralité qui a été imposé l’été dernier par l’UE. La Belgique disposait déjà d’un bon modèle en la matière, mais nos assureurs ont néanmoins dû tout adapter, sans aucune plus-value pour les assurés dans notre pays et moyennant des coûts informatiques qui ne profitent à personne. 

La mobilité et la sécurité routière restent des thématiques importantes pour les assureurs. Les victimes d’une panne sur nos autoroutes peuvent-elles s’attendre à une prestation de services améliorée en 2026 ?

BD : Les assureurs sont étroitement impliqués dans la sécurité routière. L’hiver dernier, Assuralia a ainsi fêté le 30e anniversaire des campagnes BOB, dont elle est fière d’être partenaire. Les assureurs font de la prévention, règlent évidemment de nombreux accidents au quotidien, mais ils entrent également en action en cas de panne. Sur les grands axes routiers wallons, à la demande de la Police fédérale, les assisteurs se chargent de l’envoi d’un dépanneur agréé par la région wallonne. Il existe toutefois encore une marge d’amélioration en termes d’accélération des délais d’intervention. De nouveaux développements informatiques devraient permettre à la Police fédérale et au Service public wallon d’envoyer directement les dépanneurs Siabis+ dans le but de libérer le plus rapidement possible les voies de circulation. En cas de panne ou d’accident, l’assisteur de l’automobiliste concerné sera également informé de l’intervention organisée. Il pourra ainsi prendre contact avec le dépanneur et continuer à assister l’assuré de manière optimale, conformément aux dispositions de son contrat d’assurance.

Sur les autoroutes flamandes, le système FAST est toujours d’application. 

Depuis la période Covid, la mobilité douce a énormément gagné en importance, ce qui est très positif, mais y a-t-il également un revers à ce succès ?

BD : L’étude relative aux accidents sur le chemin du travail, qui a été publiée en septembre par Assuralia et qui a bénéficié d’une grande attention dans les médias, est éloquente. Les assureurs constatent une hausse sensible des accidents impliquant des vélos électriques et des trottinettes électriques. Assuralia et un certain nombre de membres ont attiré l’attention sur ce point en fournissant des conseils de prévention via les médias sociaux. Outre des actions de sensibilisation supplémentaires, un contrôle efficace est également nécessaire. La police a besoin d’outils supplémentaires pour combattre les comportements inopportuns et l’impunité. Les assureurs comprennent dès lors que les autorités envisagent une immatriculation obligatoire pour les trottinettes électriques. Une plaque d’immatriculation facilitera l’identification des propriétaires ou utilisateurs. Il n’est toutefois absolument pas nécessaire d’y associer également une obligation d’assurance. Pour les utilisateurs de trottinettes - tout comme pour les cyclistes - l’assurance familiale, déjà très largement répandue, est suffisante. 

Conclusion : la branche non-vie reste-t-elle particulièrement passionnante ?

BD : Absolument. Son objectif est de protéger et d’aider les gens et les entreprises en cas de dommage ou de coup dur. Les assureurs non-vie règlent environ 4,2 millions de dossiers de sinistres par an. Cela représente un dossier toutes les 13 secondes, ce qui est tout de même assez impressionnant ! Cette branche est également rendue passionnante par son évolution continue afin de répondre aux besoins nouveaux ou croissants. On peut penser à cet égard au succès des assurances vélo, aux extensions de produit concernant la nouvelle mobilité ou encore aux assurances contre les cyberrisques. 

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Laureen Steinier - Bruno Didier - Myrtille Hermanns - Romina Lipe - Thomas Vierset

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