Les assureurs reçoivent de plus en plus de demandes d’assurés pour obtenir un remboursement partiel des primes de leur assurance auto. Cette réaction est compréhensible. En effet, pendant la période de confinement, un grand nombre de gens n’ont pas utilisé leur voiture. Il en a résulté une baisse de la charge des sinistres pour les assureurs. 

Cette tendance va-t-elle se poursuivre ? C’est une question déterminante pour l’évolution de la prime. Un certain nombre de facteurs permettent de supposer qu’un changement pourrait bien intervenir à cet égard : 

  • ainsi, les entreprises ont redémarré leurs activités depuis le début de ce mois de mai. Pour des raisons de sécurité, nombreux seront les travailleurs à préférer leur voiture aux transports en commun ;
  • pendant les mois d’été, il faudra sans doute renoncer aussi aux voyages en avion à l'étranger pour privilégier des vacances en voiture et des excursions d’une journée à l'intérieur du pays ;
  • enfin, le niveau de la charge des sinistres annuelle est déterminé dans une mesure importante par un nombre limité de sinistres graves pour lesquels il est difficile aujourd’hui de faire des prévisions.

Des adaptations éventuelles de primes se font sur la base de données historiques portant sur de plus longues périodes. Cela permet aux assureurs de répartir les risques sur un plus long terme.   

Ainsi, la charge des sinistres en RC auto a progressivement diminué au cours de ces 15 dernières années. La prime moyenne a dès lors baissé en termes réels de quelque 20 % au cours de cette période. Dans leur tarification, les assureurs belges tiennent par conséquent bel et bien compte de l’évolution de la charge des sinistres. 

Pour les assurés qui recherchent davantage de flexibilité ou qui ne parcourent qu'un nombre limité de kilomètres par an, il existe du reste des contrats d’assurance dont les primes sont calculées sur la base du nombre de kilomètres parcourus ou qui prévoient une formule pour un nombre forfaitaire de kilomètres. Le développement de la numérisation du secteur et du parc automobile pourrait faire augmenter le nombre de telles formules flexibles.

Enfin, avec la crise actuelle, les assurés ne sont pas les seuls à se poser des questions. Le secteur des assurances doit lui-même également faire face aujourd’hui à un certain nombre d’incertitudes. Ainsi, il constate en raison de la pandémie de coronavirus une volatilité fortement accrue des marchés financiers qui peut avoir un impact défavorable sur la valeur des actifs des assureurs belges. Pour cette raison aussi, la Banque nationale de Belgique a demandé aux assureurs d’adopter une position d’attente en ce qui concerne l’octroi de dividendes, de participations bénéficiaires et de ristournes.

Un ajustement de la politique tarifaire ne pourra par conséquent être évalué qu’après que les assureurs auront digéré cette crise du coronavirus et qu’ils connaîtront les chiffres définitifs pour cette année.

Le 13 mai 2020