Selon des chiffres provisoires, au départ de la situation observée à la fin du mois de juin, le secteur belge de l'assurance s’achemine en 2020 vers une perte de chiffre d'affaires de 1,6 milliard d’euros sur base annuelle, surtout au niveau des assurances-vie individuelles qui représentent en termes d’encaissements la principale branche du secteur. Les encaissements des assurances non-vie et des assurances de groupe devraient plus ou moins être similaires à ceux enregistrés par le passé. Globalement, le chiffre d'affaires pour 2020 devrait atteindre 27,6 milliards d’euros.

Malgré les turbulences engendrées par la crise du coronavirus sur les marchés financiers, la position de solvabilité des entreprises d'assurances belges s’est maintenue à un niveau largement suffisant, soit à peu près à 1,8 fois celui requis sur le plan réglementaire.

La période de confinement que nous avons connue au printemps s’est traduite, surtout pour les branches Accidents du travail et Auto, par une baisse temporaire de la sinistralité, tandis qu’au compteur des tempêtes et autres catastrophes naturelles pour cette année, on constate déjà un niveau supérieur à la moyenne avec les deux tempêtes assez sérieuses de février et septembre. C’est ce que signale Assuralia, l'union professionnelle des entreprises d'assurances, en marge de la présentation de chiffres plus détaillés pour l’année 2019.

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2019 a été pour les assureurs une bonne année, en ce qui concerne tant le chiffre d’affaires que le résultat. Les encaissements ont augmenté de 3 %, soit un peu moins qu’en 2018, pour atteindre 29,2 milliards d’euros, et ont connu, à la fois pour les assurances sur la vie et les assurances non-vie, une progression plus forte que l’inflation, de sorte que l'on peut parler d'une croissance réelle. Les consommateurs constateront que la prime moyenne pour l’assurance obligatoire des voitures a néanmoins de nouveau baissé en 2019 pour s’établir à 314 euros, hors la taxe de 27,1 %. En revanche, la prime moyenne pour une assurance habitation a augmenté à 342 euros hors taxe, en raison de la liaison de la valeur assurée des bâtiments et de leur contenu, et donc aussi des primes, à l’indice ABEX. Dans un contexte de faiblesse persistante des taux d'intérêt, le chiffre d’affaires en assurances vie individuelles est demeuré bien au-dessous du niveau observé au début des années 2000, et pour la septième année consécutive, les assureurs ont dans le cadre de cette branche déboursé davantage en prestations qu’ils n’ont récolté de primes. La faiblesse des taux d'intérêt a également pour conséquence que les assureurs perçoivent sur un portefeuille de placements qui a augmenté entre-temps à quelque 322 milliards d’euros en valeur de marché un rendement toujours moindre, qui s'élevait pourtant encore à 2,5 % en 2019, et 2,8 % en tenant compte des plus-values.

En 2019, les assureurs ont clôturé l’exercice par un résultat global de 2,46 milliards d’euros qui se situe dans la lignée de celui de l'année précédente. Il est à noter que durant cet exercice, les assureurs belges n’ont distribué qu’une petite partie de ce résultat, autrement dit, ils ont au cours d’une bonne année fait preuve de prévoyance et accru encore leur solidité financière. Cette politique recommandée notamment par l’autorité de contrôle sera évidemment d’un précieux apport durant les temps incertains qui devraient suivre.

L’emploi dans le secteur a reculé légèrement en 2019 de 0,9 %. Assuralia a publié séparément une analyse des tendances sociales sous-jacentes dans le secteur en 2019.

Les « Chiffres clés 2019 » sont disponibles sur www.assuralia.be et englobent comme de coutume le classement des quinze principaux groupes d’assurances arrêté fin 2019.

15 octobre 2020